 | COOPERATION NIMES METROPOLE / GRAND ALES UN NOUVEL AXE DE DEVELOPPEMENT |
ACTE 1 : NIMES ET ALES AVANCENT ENSEMBLE
Pour comprendre la genèse de cette ambitieuse coopération, éclairage sur trois dates clefs qui ont conduit à la naissance d’un nouveau territoire de plus de 530 000 habitants.
Si le 20 décembre 2006 marque d’une pierre blanche la signature, à Nîmes, de l’accord de coopération « historique » (dixit le Président Max Roustan) entre le Grand Alès et Nîmes Métropole, il est nécessaire de fixer le cadre qui a permis de déboucher sur une telle dynamique.
L’année précédente en effet, la Datar (aujourd’hui Diact, Délégation Interministérielle à l’Aménagement et à la Compétitivité des Territoires) avait lancé un appel à projets aux Communautés Urbaines afin d’encourager les regroupements. On se souvient que Montpellier s’était alors tourné vers Sète, puis Nîmes. Enfin, ce fut la proposition, à l’instigation de Nîmes Métropole et du Grand Alès, de rayonner d’Avignon jusqu’à Sète (dont l’activité portuaire, dans un tel cadre, était fort attractive).
Montpellier ménageant finalement son engagement, et face au vide laissé sur le plan régional, les deux Communautés d’Agglomération, Nîmes Métropole et du Grand Alès ont décidé de se lancer ensemble, pour créer ce que le Président Jean-Paul Fournier nomma « un sas de métropolisation ».
Soucieux d’aller contre des territoires figés, cette signature échangée entre les deux collectivités le 20 décembre 2006 ne fermait pour autant aucune porte. Bien au contraire. Elle validait surtout la création d’un nouveau territoire de plus de 530 000 habitants, relié par trois Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT du Sud Gard, Pays des Cévennes et de l’Uzège).
Cette signature a séduit le Ministre de l’Aménagement du Territoire d’alors et a reçu un financement du Fonds National pour l’Aménagement et le Développement du Territoire (FNAST) d’un montant de 90 000 €, afin de réaliser de premières études.
Moins de trois mois plus tard, le 1er mars 2007, les deux Communautés actaient la naissance de l’Association pour l’Emergence d’un Projet Commun de Développement des Agglomérations d’Alès et de Nîmes, coprésidée par Max Roustan et Jean-Paul Fournier.
 | Une dizaine de thèmes communs sont définis et autant de groupes de travail sont constitués (17 au total). |
Des dossiers prioritaires sont définis : achèvement de la 2 x 2 voies, raccordement à l’autoroute A9, modernisation de la ligne SNCF Nîmes-Alès, mise en place d’une politique commune de l’eau et des risques, avec à terme la création sur le territoire d’un Institut National de gestion des risques…
L’ensemble des thématiques peut se résumer en 5 axes : l’accessibilité et le désenclavement des territoires, le développement économique et l’innovation, l’environnement et le cadre de vie, les territoires stratégiques et la gouvernance.
Troisième date clef de cette union : le 17 octobre 2008, où se tenait à l’hôtel Atria, les 1ères Assises de l’Association pour l’Emergence d’un Projet Commun de Développement des deux Agglos. Cette journée, placée sous la présidence du Secrétaire d’Etat de l’Aménagement du Territoire M. Hubert Falco, a eu pour mission de rappeler les travaux entrepris jusque là par les groupes de travail mais aussi, au travers de trois tables rondes, de recueillir et de coordonner les attentes des acteurs de terrain.
2008 : 1ères Assises pour l’émergence d’un projet commun Nîmes/ Alès :
à nouveau territoire, nouvelles habitudes
Plus de 400 personnes ont répondu à l’invitation des deux Présidents de l’Association pour l’Emergence d’un Projet Commun des Agglomérations d’Alès et de Nîmes : des élus de toutes les sensibilités (dont le président de Région Georges Frêche), le préfet du Gard Dominique Bellion, des dirigeants des chambres consulaires, des centres hospitaliers, de l’école des Mines d’Alès, des acteurs économiques...
Cette journée fut placée sous le signe de la concertation et de la réflexion partagées.
FORCES DE PROPOSITIONS
Trois ateliers tenus au cours de cette journée ont permis de recueillir l’expertise des acteurs du territoire.
Le premier atelier de cette journée, placé sous la présidence de Franck Proust, avait pour thème l’aménagement et ses enjeux. Dans un contexte démographique explosif (l’un des plus forts de France), l’équilibre entre pression foncière et préservation des milieux naturels est un véritable casse-tête. Les nombreux maires de petites communes du territoire présents n’ont d’ailleurs pas manqué de faire part de leurs inquiétudes face à l’étalement urbain qui gagne nombre d’entre elles.
L’atelier numéro deux portait, lui, sur le Développement, au sens large du terme. Là, on parla coopération et synergie, notamment avec le directeur du CHU de Nîmes (4000 salariés) qui proposa au Centre hospitalier d’Alès de s’investir dans les programmes de recherche nîmois.
Le troisième atelier se proposait d’optimiser le rayonnement de ce nouveau territoire, sous la présidence du Directeur de l’Ecole des Mines d’Alès, Alain Dorison.
L'avenir est aux Agglos de Nîmes et d’Alès, « le bon échelon décisionnel » comme le précisa Jean-Paul Fournier en conclusion à cette journée d’une grande densité.
DES PROJETS ET DES FINANCEMENTS Si la journée du 17 octobre a permis de faire remonter les attentes des différents acteurs des deux territoires, des projets sont d’ores et déjà engagés.
La RN106 reliant Alès à Nîmes a été au centre des préoccupations, tant de la part des acteurs économiques que politiques. Son raccordement à l’autoroute A9 est une nécessité. Les deux Présidents, au nom de l’Association, ont décidé de porter la maîtrise d’ouvrage des études financières et juridiques de la fameuse rocade ouest. Dans la foulée, l’Etat a confirmé la reprise des études de tracés (arrêtées depuis 2005). C’est donc un premier succès pour l’Association, mais pas « l’unique » a souligné Jean-Paul Fournier lors de ces Premières Assises.
Autre dossier transport d’envergure entre les deux Agglos, celui de la modernisation de la liaison ferroviaire Nîmes/ Alès. Celui-ci a été inscrit au Contrat de projets Etat-Région 2007-2013. 9 M€ seraient apportés par l’Etat et 6,3 M€ par la Région sur un montant total de 18 M€. « Un nouveau pas en faveur du désenclavement » soulignera le Président de Nîmes Métropole.
Dans le cadre des Fonds Européens de Développement Régional (FEDER), l’Association a également obtenu un financement de 5 M€ dans le cadre du projet Urban (aménagement du territoire en direction des quartiers sensibles). D’ores et déjà, c’est une enveloppe de plus de 20 M€ que l’Association pour l’Emergence d’un Projet Commun des Agglomérations d’Alès et de Nîmes doit gérer d’ici 2015.
Enfin, Jean-Paul Fournier a profité de cette journée pour mettre dans la lumière deux autres grands projets : celui de la gare TGV à Manduel, et celui de la création, sur notre territoire, de l’Institut National de gestion des risques majeurs.

ACTE 2 : L’AXE NIMES-ALES PREND DES FORCES
Les deuxièmes assises de l’association Alès Nîmes se sont tenues en décembre dernier dans l’amphithéâtre de l’Ecole des Mines d’Alès (EMA). Fabien Ferrazza, chargé de mission « Métropoles » au sein de la DATAR, et Hugues Bousiges, Préfet du Gard, ont suivi avec intérêt cette réunion, pilotée par les deux Présidents d’Agglomération.
Au menu, présentation des projets engagés, des études en cours et des aménagements propres à chacune des structures, intégrés dans le schéma collectif, à commencer par le rapprochement, en cours, des hôpitaux des deux villes : renforcement des temps partagés, échanges d’informations, développement de la télémédecine. Des collaborations particulièrement développées en cardiologie, urologie, neurologie, accidents vasculaires cérébraux et urgences cardiovasculaires. L’accent est mis sur l’harmonisation, en cours, des projets de centres de soins post opératoires. Cette démarche préfigure l’organisation d’une Communauté hospitalière territoriale dont Nîmes et Alès constituent le socle retenu par l’Agence Régionale Hospitalière.
Dans un autre domaine, la création d’un nouveau master Sécurité nucléaire permet à l’Ecole des Mines d’Alès d’étoffer son offre d’enseignement spécialisée sur les notions de risque et de sécurité, et éclaire une démarche de développement : avec 100 diplômés/an dans ces domaines, l’EMA a de quoi alimenter les entreprises : celles qui vont s’implanter sur le parc scientifique en développement à Alès, celles qui s’installeront sur la zone d’activités Mitra, au sud de Garons. Cette interaction enseignement/ recherche/développement économique inscrit l’association Alès-Nîmes dans le Pôle régional de recherche qui vient d’être créé.
LE TEMPS EFFACE LES KILOMETRES
Autre gros dossier : les déplacements routiers et ferroviaires. Les travaux de la 2X2 voies Nîmes-Alès suit son cours, restait à résoudre le problème du contournement Ouest de Nîmes. L’Etat a relancé les études en 2009. Choix du tracé, financement, mise en cohérence avec le TGV et l’autoroute, tout cela devrait être tranché à l’automne 2010. Cette rocade rejoindrait la 113 et l’A9 au niveau de Milhaud.
L’évolution de la liaison ferroviaire est en pleine étude : 24 communes regroupant près de 30 000 habitants sont à moins de 2 kilomètres de la ligne. Si plusieurs gares existent sur son tracé, un vide reste à combler entre Boucoiran et Alès. L’idée serait d’implanter des parcs relais près des gares afin d’inciter les usagers à prendre le train. Une première offre devrait être proposée aux usagers dès 2011.
Un tracé plus touristique a vu le jour entre Saint-Gilles et Alès, c’est le sentier de randonnée de la Régordane qui brigue une labellisation « Itinéraire culturel européen ». Il fait l’objet de communications scientifiques valorisantes pour le secteur. Il entraîne une réflexion sur l’orientation du centre thermal Alès-Les Fumades vers la remise en forme, sur son articulation avec la future gare TGV, ou sur sa liaison avec un projet à vocation touristique au nord de Nîmes.
AMENAGER AVEC RAISON
On évolue vers une plus grande cohérence dans l’aménagement urbanistique de ce grand territoire. On notera le projet d’implantation de la gare TGV à Manduel et sa desserte, la création d’un Eco quartier autour de la gare d’Alès, la naissance d’une zone mixte habitat/tourisme/entreprises autour d’un golf à Saint-Hilaire de Brethmas. Au nord de Nîmes, c’est une petite ville qui va voir le jour entre le golf et le Clos Gaillard, et sur Hoche-Sernam un nouveau pôle va émerger : Université, habitat étudiant et un conservatoire Musique et Danse vont cohabiter sur un site adapté au risque hydrologique.
Enfin, la menace d’une pénurie d’eau mobilise l’ensemble du territoire : l’évolution des normes sanitaires, de la démographie, de la demande agricole, imposent leur rythme. Pour l’immédiat, une meilleure gestion de la ressource permettrait une autonomie d’approvisionnement jusque vers 2050. A terme, une nouvelle déviation à partir du Rhône pourrait naître : de Nîmes ouest vers la Vaunage, La Calmette, l’Uzège et Alès, elle desservirait les zones agricoles traversées et sécuriserait les zones urbaines.
Ces Assises ont confirmé que le chantier est vaste, mais les travaux bien engagés !